Cuisine des terroirs dans le Nord-Pas-de-Calais – ARTE
À la limite du Nord et du Pas-de-Calais, à une cinquantaine de kilomètres de la côte, s’étend autour de Saint-Omer le marais audomarois. Un paysage singulier qu’un peintre impressionniste ne renierait pas. Vu du ciel, les minces parcelles séparées par des canaux (les watringues ou watergangs) jouent avec toutes les nuances du vert. L’une des spécialités de cette région maraîchère est le chou-fleur, la fameuse « perle du nord », qui pousse particulièrement bien sur ces sols.
Sur des parcelles qui parfois, ne font guère plus de dix mètres de large, une bonne cinquantaine d’autres légumes sont cultivés, et parfois exportés hors de France (endives, poireaux, artichauts…). Ce sont des moines qui, au IXe siècle, ont commencé à drainer les marais, les sillonnant de canaux et gagnant ainsi 3700 hectares cultivables. Aujourd’hui, il ne reste qu’une quarantaine de maraîchers pour quelque 440 hectares. Les jachères se multiplient, le marais reprend ses droits, retourne à l’état sauvage.
Une tendance que les Dewalle ne pourront évidemment pas inverser. Il leur est déjà difficile de gérer leurs dix hectares. Ils sont maraîchers ici depuis cinq générations. En hiver, ils cultivent l’endive en serres, du printemps à l’automne la perle du nord – une vraie passion. Le sol est si riche que leurs choux-fleurs sont deux fois plus gros qu’ailleurs.
Autrefois, le seul moyen de transport était la bacôve. Ces barques à fond plat permettaient de charger les outils agricoles, les chevaux pour travailler le sol, et les cageots de légumes. Aujourd’hui, les Dewalle, comme les autres familles de maraîchers, peuvent accéder à leurs parcelles en tracteur ou en camionnette car elles sont reliées au réseau routier de Saint-Omer par des ponts et des chemins.
Cuisine des terroirs dans le Nord-Pas-de-Calais – ARTE


